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Mur lézardé

exposition de SOTOKUBO Keiko à la Galerie SATELLITE, février 2012

Exploratrice urbaine et suburbaine, SOTOKUBO Keiko nous propose aujourd’hui une nouvelle exposition rassemblant des images d’espaces apparemment quelconques, indéfinis, au milieu des choses…

Minuscules friches urbaines, murs lézardés, taches de rouilles et, au delà de grillages, des espaces vides, insaisissables… espaces rendus comme autant d’objets, objets rendus dans leurs spatialités, définitivement insaisissables mais recomposés pour nos yeux.

Sentiment de nostalgie joyeuse, de ces espaces qui existent, qui montrent leurs lumières, leurs ombres… Sentiment de nostalgie joyeuse qui émane de ces lieux marqué d’un temps, au delà de notre propre existence… Sentiment de nostalgie joyeuse d’une existence parfois remarquée par les yeux de la photographe poète qui capte l’aura des objets.

Sotokubo avant de nous proposer cette vision, marche, tourne, erre, bégaye photographiquement, reprend une image, en propose une légère variante, tant que la lumière, l’ombre change le sentiment à peine différent, infiniment différent, comme le poète – on pense à Ponge – qui corrige, biffe, revient sur les mots et les sons, les sons et les sens.

Et voici des carrées de noir et blanc, gris infiniment variées, voici ces expressions / interprétations / traductions d’espaces en sentiments… nostalgiques et heureux : mur lézardé.

Voici autant d’écritures : murs lézardés, autant d’écritures : herbes sèches, autant d’écritures : taches de rouilles, autant d’écritures : traces de pluie… autant d’écritures de l’espace traduites pour nos yeux, autant d’écritures pour cette lecture poétique du quotidien.


« Voir le dedans des murs

Ne nous est pas donné.


On a beau les casser,

Leur façade est montrée.


Bien sûr que c’est pareil

En nous et dans les murs,


Mais voir

Apaiserait. »


« Les murs » (extrait),

Eugène Guillevic,

Exécutoire.


Xavier Martel, 2012