ANNIVERSAIRE DES 150 ANS DE L'UNITÉ ITALIENNE


Septembre - octobre 2011 - a cura di Paolo Guzzi




Silvana BARONI

BUDAR

Tomaso BINGA

Cosimo BUDETTA

Gianni BURATTONI

Bruno CONTE

Carlo Marcello CONTI

Daniel DALIGAND

Luigi Di SARRO

Marcello DIOTALLEVI

Claudio FRANCIA

Salvatore GIUNTA

Mario LUNETTA

Daniel MILHAUD

Antòn PASTERIUS

Lamberto PIGNOTTI

Gian Paolo ROFFI

PIETRANTONIO

Gisèle TOULOUZAN








images   (cliquez  pour aggrandir)



L’unité de l’Italie ? Oui, mais laquelle ?

A vrai dire, même à nos jours, l’unité de l’Italie n’a jamais eu lieu. Un assemblage de plusieurs régions a bien été fait par un Statut en 1861, après les conquêtes de Garibaldi et par la pensée de Giuseppe Mazzini.  

»Après avoir fait l’Italie on doit faire maintenant les Italiens », disait Massimo D’Azeglio, semble-t-il.

D’Azeglio se trompait à propos de l’unité de l’Italie. L’Italie n’est pas encore faite aujourd’hui, si l’on pense à l’envie de sécession du Nord (la Padania) et aux désirs d’autonomie de régions qui voudraient se détacher du gouvernement central.

Pendant cette réalité politique, qui est en train d’exploser, l’anniversaire de l’unité (supposée) de l’Italie, est fêté, (et pour cause) par une série de manifestations et de célébrations, considérées nécessaires, surtout aujourd’hui, par les institutions italiennes, dernière recherche d’une cohésion qui n’existe pas.

Les intellos, alors, qu’en pensent-ils ? La culture, si méprisée surtout de nos jours, comment pourrait-elle répondre à ces triomphes institutionnels ?

Les écrivains, les artistes, les poètes ne se font pas avoir par quelques discours tonitruants et optimistes. Ces artistes, que j’ai eu l’idée de proposer à la Galerie Satellite de Paris, ont bien accepté de donner leur avis sur ce thème délicat mais, sollicitant les polémiques et les querelles, sans offenses et sans haine, ils n’ont pas gardé les yeux fermés sur la réalité de nos jours.

Les artistes de cette exposition collective, ont abordé ce sujet difficile avec beaucoup d’enthousiasme.

Ils ont peint l’Italie par leur art conceptuel, ou par leur poésie visuelle, ou par leur art abstrait, chacun à sa façon mais tous, à mon avis, avec le même amour. Les fils, l’ombre, la photocopie, les cartes à jouer, le drapeau italien, la métaphore, l’écriture, la photo, Cattelan et la Cène, un Garibaldi sans gloire, un vieux billet de mille lires, collages, et même, chez quelques artistes, une œuvre qui ne tient pas compte du sujet proposé. Un panorama donc qui est, en effet, un hommage critique à l’Italie, telle quelle a été, telle quelle est.

L’Italie, vue comme une communauté de chef-d’œuvres et un espace où la beauté des lieux, l’élégance même de la Botte, si on la voit dans les cartes et du haut, fait naître le sentiment de l’amour.

L’amour crée pourtant la révolte, des fois, la haine pour ceux qui ne font rien pour inspirer cet amour. L’amour déçu crée la rage, ou l’ironie.

Cela se voit donc chez ces artistes, qui souvent nous montrent une possibilité d’amour mal tourné, comme Lamberto Pignotti, qui nous offre une poésie visuelle où une tête coiffée d’une tour, (l’Italie) par une bulle nous dit quelques mots en anglais, dénonçant cette manie des Italiens de parler (souvent mal) une langue étrangère, notamment l’anglais. Daniel Milhaud, au contraire, avec son œuvre faite de fils et d’ombres, nous signale que l’Italie, à présent, est uniquement guidée par une « Santa Trinità » : la »camorra, la ndrangheta, la mafia ». Son jugement est net et cruel mais vrai.

Si le vers de Monti « Bella Italia, amate sponde » cité, dans son œuvre par Gianni Burattoni, nous console, nous fait penser au Grand Tour dont l’Italie a été l’une des étapes préférée, on ne peut pas oublier les vers de Dante : Ahi serva Italia di dolore ostello,/ nave senza nocchiero in gran tempesta,/ non donna di provincie ma bordello (Purg. VI), où l’Italie, à l’époque aux services du plus fort, bateau sans gouvernail, était, au point de vue politique, un véritable bordel, comme aujourd’hui d’ailleurs.

Il faut rappeler aussi la « canzone » de Leopardi « All’Italia » : « O patria mia, vedo le mura e gli archi…..Ma la gloria non vedo » (1820) où le grand poète signale la beauté des anciennes ruines, qui sont les restes d’une gloire dépassée, une gloire qui n’existe plus.

Cette exposition collective de la Galerie Satellite, nous montre, par chacun des artistes qu’y participent, que Dante et Leopardi avaient raison, et qu’ils ont raison aussi à nos jours.

Roma / Paris

Septembre 2011 Paolo Guzzi





burattoni-pignotti-budar.jpg




Gianni Burattoni (Italian garden), Lamberto Pignotti (Guzzi are beautiful), Budar (APENNINI)











vig_binga-pasterius-giunta.jpg




Tomaso Binga (Altri color n°2 & 3), Antòn Pasterius, Salvatore Giunta











VIG_lunetta-daligand-pietrantonio.jpg




Mario Lunetta, Daniel Daligand (Caimanitalia), Pietrantonio











VIG_roffi-conte-toulouzan.jpg




Gian Paolo Roffi, Bruno Conte, Gisèle Toulouzan (Anita italiana)











VIG_cm-conti-c-francia.jpg




Carlo Marcello Conti, Claudio Francia (Flag, Poesia maccheronnica, What a wonderful...)











VIG_pasterius-baroni.jpg




Antòn Pasterius, Silvana Baroni
















Daniel Milhaud (La Santa Trinità)











VIG_di-sarro.jpg




Luigi Di Sarro











VIG_daligand-budetta.jpg




Daniel Daligand (Toscani, La botte de Garibaldi) Cosimo Budetta (L'Italia e un dragone di carta)











VIG_diotallevi.jpg




Marcello Diotallevi, esquisses et planches de timbres

















Gisèle Toulouzan, (Ommaggio)